"Churchs-interiors, architectural paintings 1580-1720" — "Kerken interieurs, architecturale schilderijen 1580-1720"

"Kirchen interiors, architektonische Malerei 1580-1720" — "Interiores de iglesias, pinturas arquitectónicas 1580-1720 

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Langue : français

560 pages, 2300 illustrations couleurs et N/B

Coffret, jaquette, couverture cartonnée

CD/ROM

ISBN 97890-5325-337-3

Prix : €180,00

Site de l'éditeur : PANDORA

BASSEN Bartholomeus van
(Anvers 1590/ La Haye 1652)

 

 

D’après Walpote « Anecdotes of painting in England » Bartholomeus Van Bassen serait né à Anvers vers 1598 bien que la ville d’Arnheim en Hollande soit celle de son père, Bartolt Ernst Van Bassen, clerc à la cour de La Haye. Il y aurait suivi les enseignements de Peter Neeffs l’Ancien et Steenwyck l’Ancien et le Jeune. Cependant la première date donnant trace de son existence, à l’instar de tant d’artistes au XVIIème siècle, est son entrée, « en qualité d’étranger » (Ulrich Thieme) dans la Guilde de Saint Luc à Delft, en octobre 1613. Quitte t-il définitivement les Flandres à ce moment là ? Rien n’en est moins sûr. On ignore à quelle période il a effectué son voyage d'études, mais on lui connaît deux représentations de Rome et de Venise ( à Copenhague et Berlin). Furent elles le fruit d’un tour d’Italie, ou d’heures passées à copier les maîtres anciens flamands et hollandais ayant apportés avec eux des études de paysage urbains italiens ? La seconde solution est plus probable et il ne faut omettre que les modèles italiens d’architecture Renaissance, et en particulier les travaux de Sebastiano Serlio qui va développer une typologie de portes monumentales qui ont certainement retenu l’attention de Bassen, sont largement diffusés par la gravure en Flandres dès 1560/1570 et très en vogue.

 

 

C’est ensuite, mentionné dans les registres de la Guilde de Saint Luc de la Haye en 1622 comme peintre et architecte que Bassen poursuit son périple. Il acquiert une grande renommée et y devient doyen en 1627 et officier en 1640. Sur un plan personnel, il épouse en janvier 1624, Taltje Pieter Van Gilst à La Haye où il réside, tout en ayant conservé une maison à Delft. Ils eurent un garçon Aernoudt, conseil de la Maison de Hollande, qui épousera, la fille du grand peintre d’Utrecht ayant collaboré avec son père comme peintre de figures : Coernelius Van Poelenburg. En 1634, Bassen reçut une invitation pour se rendre à Arnheim, comme un rappel à ses origines paternelles en qualité d’architecte, où il termine les plans de restauration de l'Hôtel de Ville, tout en livrant à La Haye des dessins du futur Conseil municipal. Ses projets et travaux lui valurent d’être nommé contrôleur des travaux architecturaux à La Haye en Octobre 1638 puis, l'année suivante, architecte de la ville succédant à Arend van’s Gravesande. Donnant entièrement satisfaction au conseil municipal, ses commandes sont de plus en plus importantes : en 1647, il supervise la construction de la Tour de l’Hôtel de Ville, réalise et peint, en 1648, l'Arc de Triomphe pour les funérailles du Prince Hendrick Frédérick. Apothéose de son œuvre lapidaire, on le charge en 1649 de réaliser les plans pour la construction de la "Nieuwe Kerk" à la Haye, cependant ils ne virent jamais le jour, la construction reviendra à l’architecte Pieter de Noorwits, cependant Bassen ne cessera de le conseiller à la finition des travaux, sur le type d’appareillage interne et externe, les boiseries des charpentes, en une collaboration amicale.

Si l’assertion de Walpote est juste, Bassen a alors comme beaucoup de peintres anversois, assimilé les leçons de Vendreman de Vries indirectement par la publication de sa « Scenographiae sive Perspectiva » et perpétué ainsi la tradition du XVIème siècle finissant. Mais plus que l’influence du grand maître flamand, aux prémisses de son œuvre picturale, c’est nettement l’influence italienne, à la mode en Flandres, qui prime. Ses intérieurs d’église des années 1621, 1622 et 1623 offrent des avant-nefs à l’architecture Renaissance puissante et massive, aux marbres blancs, roses, verts et gris, évoquant plus des structures palatiales, que Bassen va largement représenter par ailleurs. Etrange combinaison qui le relie alors à la production de Vendreman de Vries, les nefs au second plan sont quasiment toutes d’allure gothique, aux voûtes saillantes et présentées de manière frontale avec des murs de coulisses verticaux contre les bords du tableau. Le point de fuite converge alors en un tunnel, conduit optiquement par les clés de voûtes auxquelles Bassen ne se lasse pas de jouer des coups d’ombre et de lumière, écho au carrelage au sol losangé bichrome. La lumière est justement, selon Jantzen ce qui le relie beaucoup au travail d’Hendrick Aerts, les sources sont quasi toujours simulées et provenant de la gauche. La reprise d’éléments du gothique tardif et notamment, dans sa toile de 1620 « Le tombeau de Guillaume le Taciturne dans une église imaginaire » conservée à Budapest, est manifeste : le jubé à l’arc surbaissé séparant la nef du chœur, est un topique d’Aerts.

Cependant, et comme Jantzen l’affirme, Bassen ne peut avoir repris le style de l’école d’Anvers, car « il lui manque l’harmonie et la bonne formation plastique qui caractérise la peinture architecturale du début du siècle ». La ligne d’horizon est trop basse, et l’architecture est comme coupée de tous côtés, les voûtes montent trop haut dans le bord supérieur du tableau, Mais le changement qui va s’opérer dans son faire à partir des années 1628 et qui va caractériser la décennie de 1630, part encore une fois, d’une spécificité formelle de De Vries qui romps avec la tradition flamande de Neefs l’Ancien et Steenwyck, d’une frontalité embrasant l’ensemble d’un édifice et qui exporté à la Haye va renouveler le langage de la peinture architecturale. Bassen va relativiser de plus en plus la symétrie de ses compositions et déplacer son point de fuite en le dissimulant derrière un lourd pilier au premier plan. L’ensemble de l’édifice ne peut être alors considérer dans sa globalité et l’œil s’attache alors aux détails que Bassen affectionne méticuleusement, et sur l’action des personnages peints, très souvent par Esias Van de Velde, Poelenburg et Frans Francken le Vieux ( d’où éventuellement des déplacements en Flandre de l’artiste ou des tableaux) qui donne un caractère vivant à ses compositions.

La décennie 1640, exacerbe cette complexification du point de vue. L’ « Intérieur de la Cunerakerk à Rhenen » de 1638 conservée à la National Gallery à Londres, présente une forêt de colonnes élancées, aux terminaisons quasi papyriforme, tant la retombée des voûtes est stylisée. On ignore réellement où se situe t-on dans l’espace architectural de l’édifice. Il commence dès 1639, dans son « Intérieur d'une église avec grands couloirs » conservée en Hongrie, à Budapest, au Szépmüvészeti Muzeum à offrir des vues de la nef tronquée, situant le spectateur dans une chapelle latérale du déambulatoire nord. Ainsi on a la vision en miroir de la chapelle latérale du déambulatoire sud en face de nous, et une vue des grandes arcades de la nef de manière frontale, tel que le représente Saenredam à Amsterdam au milieu des années 30.

Deux ans avant sa mort, Bassen en 1650 peint un « Intérieur d’église avec un monument funéraire » qui n’est autre que l’intérieur de la basilique St Pierre de Rome , rendu avec une superbe illusion d’espace. Le peintre nous place dans un angle nous présentant à droite la chapelle Clémentine et à gauche la nef centrale. L’emploi des couleurs y est subtil, l’animation par les personnages effervescente et leur taille contribue à renforcer la puissance et la grandeur de l’architecture renaissante qu’il affectionne tant, comme un ultime hommage.

 

 

Bassen s’éteindra en 1852, sera enterré le 28 Novembre 1652 à la Grote Kerk, de la Haye, quelques mois après sa femme. Gérard Houckgeest, qui a gravé des eaux-fortes d’après ses dessins, a très certainement été son élève.