"Churchs-interiors, architectural paintings 1580-1720" — "Kerken interieurs, architecturale schilderijen 1580-1720"

"Kirchen interiors, architektonische Malerei 1580-1720" — "Interiores de iglesias, pinturas arquitectónicas 1580-1720 

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Langue : français

560 pages, 2300 illustrations couleurs et N/B

Coffret, jaquette, couverture cartonnée

CD/ROM

ISBN 97890-5325-337-3

Prix : €180,00

Site de l'éditeur : PANDORA

NICKELE Isaak van ( ou NIKKELEN) ( 1633/35 ?/ 1703)

Né aux environs de 1633, Isaak Van Nickele est mentionné pour la première fois dans un document de 1654 à Haarlem. Nous n’avons que très peu de données le concernant. Il a un fils en 1656, Jan Van Nickelen, à qui il donnera des notions de peinture.

Il entre à la Guilde de St-Luc de Haarlem en 1659 (1657 d’après Giltaij et Als, 1991) mais jusque 1690, nous n’avons aucune création datée aux seules exceptions près d’un petit « Intérieur de palais » conservé au musée du Louvre, selon Jantzen ( qui est en fait un « Vestibule de palais », Inv.1668 Louvre ), d’ un « Intérieur de Saint Bavon de Haarlem » de la collection royale de peinture de Copenhague daté de 1681 mais dont la signature reste suspecte, d’un tableau provenant du Fitzwilliam Museum, daté de 1668 et un à l’institut Néerlandais daté de 1670.

Toutes ses représentations datées sont postérieures à 1690 comme l’affirme Liedtke, (1989, p. 75) mais ne peut-on pas supposer qu’il ait post-daté une grande partie de sa production afin de pouvoir rembourser les nombreuses dettes dont il était affublé dès le début des années 1690 et qui le mèneront à la banqueroute en 1698 ? En effet, Nickele se lance dans le négoce de la soie en ouvrant une filature à Alkmaar. Ce fort investissement de sa personne ne lui laissait que très peu de temps à se consacrer à la peinture. Les archives révèlent son endettement par de nombreuses demandes de subventions à la municipalité d’Alkmaar afin de sauver sa filature, qui furent toutes vaines.

Nickele mourra ruiné à Haarlem, le 27 décembre 1703 où il fut enterré dans l’église à laquelle il a consacré toute son œuvre : celle de St-Bavon. Comme nous le rappelions, ses déboires financiers ont beaucoup plus été consignés que son activité de peintre. Sa formation découle de suppositions et son oeuvre largement inspirée de P. Saenredam, ferait de lui un de ses disciples selon diverses sources.

Le Docteur Liedtke (1989) remarque que certaines vues de nef latérale suggère une connaissance des oeuvres de Van Vliet des années 1660 et De Lorme. Ce qui est certain est que Van Nickele est un des derniers peintres d’intérieur d’églises de Haarlem et va clore ainsi la parenthèse ouverte par Saenredam et les frères Berckheyde auxquels il devra un large tribu.

Même si "De Bavo Te Boek " pense que Nickele a, par ses schémas, suivi des sentiers battus et que sa vision volontairement exagéré de l’effet de perspective pour intensifier l’impression de recul entre le premier et l’arrière plan sont intéressantes mais n’apportent rien de nouveau, les distorsions qui naissent du conflit entre le dessin et l’illusion rendent souvent une impression de réalité « plus vraie » que celle de son supposé maître

 

 

Nickele fut  le dernier peintre architectural de la période classique à Haarlem. Il a continué l’œuvre de Saenredam en intensifiant l’augmentation de l’effet d’une représentation de l’espace que son maître maîtrisait déjà et loin des modèles de Delft et d’Amsterdam. Il y a comme une unité stylistique dans ce qu’on pourrait appeler l’Ecole d’Haarlem ; les recherches plastiques sont les mêmes que ce soient chez les frères Berckheyde ou Saenredam, cette recherche de rendu de la réalité de l’espace environnant dans son intégralité mise en valeur par une lumière diffuse, loin des effets théâtraux de clair-obscur des grands modèles anversois.